1973 - Soleil vert
1973
Soleil vert
Film de Richard Fleischer
Soleil vert
Film de Richard Fleischer
2022. New York, comme le monde, est écrasé par la pollution et la surpopulation. On y a oublié la vie telle qu'on la connait, jusqu'au goût de la nourriture, remplacée pour l'essentiel par les aliments industriels de la société Soylent. Thorn est un détective. Assisté du fidèle Sol Roth, vieux professeur expert en recherches bibliothécaires et mémoire du temps passé, il enquête sur le décès de Simonson, un riche privilégié proche des cercles dirigeants. Alors qu'il progresse dans son enquête, on veut empêcher Thorn de découvrir la vérité.
Le temps du Nouvel Hollywood marqua, entre autres, l'émergence d'un genre jusqu'alors plus rarement visité par le cinéma américain : le film d'anticipation. A ne pas confondre avec la pure science-fiction, le genre se positionne généralement dans un futur plus ou moins proche après une catastrophe naturelle ou morale ayant changé l'ordre du monde. Il est souvent l'occasion d'une dystopie, et d'un récit profondément pessimiste. Si l'on peut considérer que ses fondements modernes sont posés par le superbe et trop méconnu film de Ranald MacDougall, Le Monde, la chair et le diable en 1959, ce genre prend plus nettement son essor après la mythique Planète des singes de Franklin Schaffner, au début des années 70. Après les rêves de libération morale de la fin des années soixante, le film d'anticipation est une bonne incarnation d'un certain contrecoup philosophique, marquant la fin des espoirs de toute une contre-culture. C'est donc tout naturellement que certains des films les plus importants du genre seront l'œuvre de cinéastes de la nouvelle génération. On peut citer, entre autres, THX 1138 de George Lucas et Silent Running de Douglas Turnbull. C'est pourtant un homme qui pourrait alors faire figure de dinosaure survivant de l'âge d'or hollywoodien qui en signera le mètre étalon. Richard Fleischer, dont la carrière est déjà longue et riche en réussites majeures, nous offre l'un de ses derniers chefs-d'œuvre avec Soleil Vert. Un film de facture pourtant bien plus classique que ceux que nous venons de citer, mais qui marque les mémoires grâce à sa perfection formelle et narrative qui lui permet de conserver toute son efficacité et son pouvoir de fascination quarante ans après sa sortie.
Il aura donc fallu attendre le début des années 1970 pour qu’un film n’évoque pas une menace exogène, mais une catastrophe climatique et environnementale, dont l’homme est le seul responsable.
Le film de Richard Fleischer se déroule en 2022 à New York, devenue une mégalopole de 44 millions d’habitants. Ses résidents, à l’exception des plus nantis, vivent dans des décharges ou dorment dans les escaliers d’immeubles délabrés. Règne en permanence une température d’au moins 33 °C. L’eau courante est une denrée rare. La végétation a presque disparu. La plupart des habitants ont accès à une unique nourriture, livrée un seul jour de la semaine : le soleil vert, un aliment en forme de tablette fabriquée à partir de plancton.
Soleil vert est l’adaptation du roman éponyme de Harry Harrison, publié en 1966, qui se penche sur la question de la surpopulation. Richard Fleischer place le problème démographique aux marges de son film. Chez lui, la catastrophe est moins malthusienne qu’écologique. Il suffit de regarder l’extraordinaire générique de Soleil vert pour comprendre où veut nous mener le réalisateur de 20 000 lieues sous les mers et du Voyage fantastique : plusieurs photographies défilent rapidement – l’Amérique des Pères fondateurs, une nature resplendissante puis, soudain, le rythme des visuels se ralentit alors que s’impose la révolution industrielle. Ce ne sont alors plus que des décharges et des bidonvilles. Le mythique espace américain, qui semblait infini, s’est soudain fermé.
Source : Par Philippe Paul
https://www.dvdclassik.com/critique/soleil-vert-fleischer
Source : Samuel Blumenfeld
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2018/12/21/soleil-vert-ou-les-debuts-de-la-conscience-ecologique-sur-grand-ecran_5400947_4500055.html
Bande Annonce
Soylent Green Documentary - A Look at the World of Soylent Green
Charlton Heston on "Soylent Green"
Le temps du Nouvel Hollywood marqua, entre autres, l'émergence d'un genre jusqu'alors plus rarement visité par le cinéma américain : le film d'anticipation. A ne pas confondre avec la pure science-fiction, le genre se positionne généralement dans un futur plus ou moins proche après une catastrophe naturelle ou morale ayant changé l'ordre du monde. Il est souvent l'occasion d'une dystopie, et d'un récit profondément pessimiste. Si l'on peut considérer que ses fondements modernes sont posés par le superbe et trop méconnu film de Ranald MacDougall, Le Monde, la chair et le diable en 1959, ce genre prend plus nettement son essor après la mythique Planète des singes de Franklin Schaffner, au début des années 70. Après les rêves de libération morale de la fin des années soixante, le film d'anticipation est une bonne incarnation d'un certain contrecoup philosophique, marquant la fin des espoirs de toute une contre-culture. C'est donc tout naturellement que certains des films les plus importants du genre seront l'œuvre de cinéastes de la nouvelle génération. On peut citer, entre autres, THX 1138 de George Lucas et Silent Running de Douglas Turnbull. C'est pourtant un homme qui pourrait alors faire figure de dinosaure survivant de l'âge d'or hollywoodien qui en signera le mètre étalon. Richard Fleischer, dont la carrière est déjà longue et riche en réussites majeures, nous offre l'un de ses derniers chefs-d'œuvre avec Soleil Vert. Un film de facture pourtant bien plus classique que ceux que nous venons de citer, mais qui marque les mémoires grâce à sa perfection formelle et narrative qui lui permet de conserver toute son efficacité et son pouvoir de fascination quarante ans après sa sortie.
Il aura donc fallu attendre le début des années 1970 pour qu’un film n’évoque pas une menace exogène, mais une catastrophe climatique et environnementale, dont l’homme est le seul responsable.
Le film de Richard Fleischer se déroule en 2022 à New York, devenue une mégalopole de 44 millions d’habitants. Ses résidents, à l’exception des plus nantis, vivent dans des décharges ou dorment dans les escaliers d’immeubles délabrés. Règne en permanence une température d’au moins 33 °C. L’eau courante est une denrée rare. La végétation a presque disparu. La plupart des habitants ont accès à une unique nourriture, livrée un seul jour de la semaine : le soleil vert, un aliment en forme de tablette fabriquée à partir de plancton.
Soleil vert est l’adaptation du roman éponyme de Harry Harrison, publié en 1966, qui se penche sur la question de la surpopulation. Richard Fleischer place le problème démographique aux marges de son film. Chez lui, la catastrophe est moins malthusienne qu’écologique. Il suffit de regarder l’extraordinaire générique de Soleil vert pour comprendre où veut nous mener le réalisateur de 20 000 lieues sous les mers et du Voyage fantastique : plusieurs photographies défilent rapidement – l’Amérique des Pères fondateurs, une nature resplendissante puis, soudain, le rythme des visuels se ralentit alors que s’impose la révolution industrielle. Ce ne sont alors plus que des décharges et des bidonvilles. Le mythique espace américain, qui semblait infini, s’est soudain fermé.
Source : Par Philippe Paul
https://www.dvdclassik.com/critique/soleil-vert-fleischer
Source : Samuel Blumenfeld
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2018/12/21/soleil-vert-ou-les-debuts-de-la-conscience-ecologique-sur-grand-ecran_5400947_4500055.html
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Soylent Green Documentary - A Look at the World of Soylent Green
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