1972 - Doomwatch

1972
Doomwatch
Film de Peter Sasdy



Le docteur Del Shaw est chargé par l'organisation Doomwatch d'analyser les effets d'une marée noire sur la côte de la petite île de Balfe. Il y découvre une population isolée et hostile qui voit d'un mauvais œil l'arrivée de ce nouveau venu, et semble dissimuler un secret. Étonné par leurs comportements, puis par une macabre révélation, Shaw commence à enquêter, assisté par la jeune institutrice du village, Victoria Brown.

Au début des années 1970, en Grande-Bretagne, le film fantastique est sur le déclin. Alors que le genre se réinvente déjà aux États-Unis, avec des films comme Rosemary’s Baby (1968), La Nuit des morts-vivants (1968), et bientôt L’Exorciste (1973), les grands studios, et notamment la Hammer, accusent le coup. Le gothique et le vampirisme n’attirent plus vraiment les foules : nous sommes dans une période de flottement où les sociétés de production se regardent en chien de faïence. La Tigon British Film Productions, plutôt à l’aise dans cette configuration historique, en profite donc pour sortir d’audacieux films d’horreur : Le Grand inquisiteur (1968), La Maison ensorcelée (1968), Le Vampire a soif (1968), Lâchez les monstres (1970), La Nuit des maléfices (1971)... Ouverte aux nouvelles tendances, et passant d’un sous-genre à un autre, elle s’attache à anticiper ou à recycler des mouvances. Le film fantastique (ou d’anticipation) écologique, par exemple, commence à se constituer : le plus connu est sans aucun doute Soleil vert (1973), mais on peut penser à Terre brûlée (1970), THX 1138 (1971), Silent Running (1972) ou Zardoz (1974). Les mouvements sociaux des années 1968, qui ne peuvent être réductibles à la seule libération des mœurs, ont fait émerger la question environnementale : l’écologie politique commence à être sérieusement définie. C’est donc dans ce contexte de redéfinition de l’offre (fantastique) et de la demande (écologique, entre autres) que Doomwatch s’inscrit.

Suspicion, paranoïa, ombres fuyantes et malentendus : nous sommes quasiment dans une intrigue lovecraftienne (on pense au Cauchemar d’Innsmouth). Puis, alors que l’enquête semble s’orienter vers un empoisonnement dû à une gestion criminelle de produits chimiques (avec toute la collusion para-gouvernementale que cela implique), le rythme s’accélère : les plans se font plus larges, le montage et les dialogues plus mordants, les acteurs plus nombreux. Nous passons du fantastique au thriller scientifique. Refusant le spectaculaire jusqu’aux toutes dernières séquences, malgré quelques scènes de grande tension nécessaires à l’intrigue, Peter Sasdy prend le parti d’offrir un long métrage à cheval entre plusieurs esthétiques : naturaliste, baroque, horrifique, policier. Source : Florian Bezaud - le 22 juin 2017 pour https://www.dvdclassik.com/critique/doomwatch-sasdy



Doomwatch 1972 trailer

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