1969 - Paris n'existe pas
1969
Paris n'existe pas
Film de Robert Benayoun
Paris, 1968. Simon est un jeune peintre talentueux, qui connaît une crise d'inspiration se répercutant sur sa relation amoureuse avec la belle Angéla. Au cours d'une soirée, il expérimente une substance qui lui permet de développer une étrange capacité, aussi stimulante que perturbante : Simon peut en effet, à chaque instant et en chaque lieu, se projeter dans le passé... Angéla va demander à leur ami commun, Laurent, son aide pour extraire Simon à ses hallucinations.
Un homme arrive à la gare et constate, en regardant sa montre, qu’il a raté son train... Une femme apprend au guichet d’une agence de voyage que, pour des raisons de fuseaux horaires, son avion partira à 12h00 et arrivera à 11h30 le même jour... Le client d’une horlogerie vient déposer sa montre, qui « retarde tout le temps de 5 minutes »... Le directeur de la publication d’un journal annonce à son rédacteur, par téléphone, qu’il veut son article « sans faute pour hier soir »... De jeunes gens participant à une fête ferment toutes les fenêtres et arrêtent toutes les horloges de leur appartement, ne se rendant ainsi pas compte qu’il est déjà demain...
Tout l’esprit, malicieusement paradoxal, de Paris n’existe pas se trouve dans ces premières séquences, très brèves, qui s’amusent de notre rapport au temps, aussi bien par le biais des objets permettant de le mesurer que par la subjectivité totale de notre perception de son écoulement. Paris n’existe pas aurait pu s’appeler Le temps n’existe pas, ces assertions obéissant quelque part à la même logique, espiègle et métaphysique à la fois, que celle qui conduisit René Magritte à écrire Ceci n’est pas une pipe sur son tableau La Trahison des images. Il est en effet ici question de perception, de représentation, ou d’interprétation de la réalité.
On peut aujourd’hui trouver que le film a, au fil des années, gagné un charme dont il était probablement en partie dépourvu au moment de sa sortie, un an après Mai-1968 : avec ses dandys à jabots et ses poupées yéyé discourant, avec désinvolture et gravité mêlées, sur l’art et le sens de la vie, le film traduit à merveille l’esprit pop des sixties autant que les préoccupations - autour de la liberté ou de la responsabilité individuelles - qui animaient la jeunesse de l’époque
Ce faisant, Paris n’existe pas s’avère un film très riche, plutôt ambitieux, mais qui pâtit parfois de sa nature un peu trop théorique, ou tout du moins un peu trop abstraite. Certains procédés ne transcendent ainsi jamais leur nature de gimmick formel, et atténuent ainsi la force poétique de l’œuvre au lieu de l’amplifier. On se doit également d’évoquer le jeu froid des comédiens, volontiers monocordes, susceptible d’agacer. Demeurent toutefois, dans ce premier film audacieux et imparfait - à la fois très avant-gardiste et daté - le plaisir et la fascination de voir un amoureux fou de cinéma jouer avec les outils propres au médium pour dresser subjectivement un portrait transi, facétieux et lyrique à la fois, de la ville qu’il aime tant.
(Source : http://www.dvdclassik.com/critique/paris-n-existe-pas-benayoun)
Paris n'existe pas ( Bande annonce )
PARIS N'EXISTE PAS : l'interview de Gilles Verlant
Paris n'existe pas
Film de Robert Benayoun
Paris, 1968. Simon est un jeune peintre talentueux, qui connaît une crise d'inspiration se répercutant sur sa relation amoureuse avec la belle Angéla. Au cours d'une soirée, il expérimente une substance qui lui permet de développer une étrange capacité, aussi stimulante que perturbante : Simon peut en effet, à chaque instant et en chaque lieu, se projeter dans le passé... Angéla va demander à leur ami commun, Laurent, son aide pour extraire Simon à ses hallucinations.
Un homme arrive à la gare et constate, en regardant sa montre, qu’il a raté son train... Une femme apprend au guichet d’une agence de voyage que, pour des raisons de fuseaux horaires, son avion partira à 12h00 et arrivera à 11h30 le même jour... Le client d’une horlogerie vient déposer sa montre, qui « retarde tout le temps de 5 minutes »... Le directeur de la publication d’un journal annonce à son rédacteur, par téléphone, qu’il veut son article « sans faute pour hier soir »... De jeunes gens participant à une fête ferment toutes les fenêtres et arrêtent toutes les horloges de leur appartement, ne se rendant ainsi pas compte qu’il est déjà demain...
Tout l’esprit, malicieusement paradoxal, de Paris n’existe pas se trouve dans ces premières séquences, très brèves, qui s’amusent de notre rapport au temps, aussi bien par le biais des objets permettant de le mesurer que par la subjectivité totale de notre perception de son écoulement. Paris n’existe pas aurait pu s’appeler Le temps n’existe pas, ces assertions obéissant quelque part à la même logique, espiègle et métaphysique à la fois, que celle qui conduisit René Magritte à écrire Ceci n’est pas une pipe sur son tableau La Trahison des images. Il est en effet ici question de perception, de représentation, ou d’interprétation de la réalité.
On peut aujourd’hui trouver que le film a, au fil des années, gagné un charme dont il était probablement en partie dépourvu au moment de sa sortie, un an après Mai-1968 : avec ses dandys à jabots et ses poupées yéyé discourant, avec désinvolture et gravité mêlées, sur l’art et le sens de la vie, le film traduit à merveille l’esprit pop des sixties autant que les préoccupations - autour de la liberté ou de la responsabilité individuelles - qui animaient la jeunesse de l’époque
Ce faisant, Paris n’existe pas s’avère un film très riche, plutôt ambitieux, mais qui pâtit parfois de sa nature un peu trop théorique, ou tout du moins un peu trop abstraite. Certains procédés ne transcendent ainsi jamais leur nature de gimmick formel, et atténuent ainsi la force poétique de l’œuvre au lieu de l’amplifier. On se doit également d’évoquer le jeu froid des comédiens, volontiers monocordes, susceptible d’agacer. Demeurent toutefois, dans ce premier film audacieux et imparfait - à la fois très avant-gardiste et daté - le plaisir et la fascination de voir un amoureux fou de cinéma jouer avec les outils propres au médium pour dresser subjectivement un portrait transi, facétieux et lyrique à la fois, de la ville qu’il aime tant.
(Source : http://www.dvdclassik.com/critique/paris-n-existe-pas-benayoun)
Paris n'existe pas ( Bande annonce )
PARIS N'EXISTE PAS : l'interview de Gilles Verlant

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